En plein pays berbère,
la vallée du Drâa est une suite d’oasis et de
palmeraies, le long du cours du fleuve, entre les dernières
montagnes de l’Anti-Atlas et les premiers déserts de
pierre, et de sable. De Ouarzazate
à Zagora,
la route traverse d’abord les plateaux du djebel Tifemine,
quasi désertiques, puis la route s’élève
au milieu de canyons abrupts, vers le col de Tizi n’ Tinififlt
qui culmine à 1.660 m. Ensuite, ce sont des paysages splendides,
avec tout au fond, dans la zone d’irrigation, des palmiers,
figuiers, abricotiers, des petits champs de céréales,
du blé, du henné, de la menthe, dans de petites parcelles
séparées par des canaux d’irrigation, et des
chemins très étroits. L’espace est précieux,
les maisons de terre crues sont reléguées un peu plus
haut, leurs murs épais protègent de la chaleur, leurs
terrasses accueillent la famille et les amis en fin de journée,
on y passe la nuit pendant l’été.
De loin en loin des ksours plus importants,
des greniers communaux fortifiés, des tours de gardes rappellent
que le pays resta très longtemps insoumis, la proie d’incessantes
disputes tribales, et qu’il ne fut finalement et définitivement
pacifié que dans les années 30. Reste de cette période
le souvenir héroïque de la bataille de Bougafer, la
dernière résistance de la tribu Aït-Atta contre
les français, où les femmes
se battirent avec les hommes, et gagnèrent le droit de se
tatouer une barbe, en témoignage de leur courage. Il faut
visiter le superbe Ksar de Tamnougalt, adossé au djebel
Sagho. |
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Skoura, Agdz, N’Kob,
Tazzarine,
Zagora,
autant de noms, autant de palmeraies, de petites villes écrasées
de chaleur où il fait bon boire un thé brûlant
à l’ombre des arcades. Les hommes passent, trottinant
sur le dos de leur âne lourdement chargé, les femmes
parées de robes colorées portent l’eau ou le
fourrage. Les laurier-rose et les acacias pullulent, les fragrances
se mêlent dans l’air du soir. |
Après une première
population proto-historique, qui a laissé des peintures et
gravures rupestres, notamment à Tazzarine, Tinzouline et
Foum Chena, les premiers habitants identifiés sont les berbères,
puis vers le VI° siècle des juifs, vers Tidri, et une
tribu africaine venue d’Ethiopie, les Kouchites. Les Arabes
arrivent au VIII° siècle et islamisent les populations.
Le grand Sud sera la base de plusieurs dynasties marocaines, les
Almohades, les Mérinides, les Sâadiens et enfin les
Alaouites. |