Oasis de Mezgarne

Téléphone : +212-(0)61.74.36.17 ou +33-(0)870.444.977 - Mail : oasisdemezgarne@yahoo.fr - GPS : N 30° 46'35 W 05° 30'39

 
 
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M'hamid
 

M'hamid où le goudron s'arrête
S’il y avait la mer, ce serait le rivage des Syrtes. Il n’y a rien au-delà de M’Hamid, sinon le sable et le désert, et loin, quelque part, un Polisario qui a fait ici une incursion d’une nuit en 1992. Mais depuis la police surveille les quatre-quatre, et note scrupuleusement qui entre et qui sort de cette zone frontière.

M’Hamid des gazelles (c’est la signification de ce nom) est bien un poste-frontière face à la volcanique Hamada du Guir et à l’immensité du Sahara, au bout de la route. Littéralement. Le goudron disparaît soudain sur la place centrale, où une petite mosquée fait place à quelques boutiques pour touristes, qui offrent randonnées, excursions et souvenirs berbères. C’est la dernière des oasis, l’endroit où l’oued Drâa s’enfonce définitivement dans le sable pour atteindre la côte atlantique après plus de 800 kms de trajet souterrain.

En faisant abstraction de l’arrivée où l’on passe devant quelques hôtels de luxe enfouis sous la palmeraie, M’Hamid vous donnerait une bonne idée de ce qu’on sans doute été Zagora ou Ouarzazate dans les années 30, quelques maisons de terre battues alignées tant bien que mal le long de deux ou trois rues (juste ce qu’il faut pour pouvoir se déclarer une ville). Des enfants qui vous regardent curieusement, des hommes nonchalamment assis à l’ombre d’un auvent, et dans cette inertie écrasée de chaleur, quelques groupes de marcheurs, que l’on reconnaît à leurs jambes nues, leur T-shirts blancs et leurs chèches bleus.

 

La mosquée de M'hamid

Avant de s’endormir doucement, M’Hamid fut un grand centre caravanier, et on peut visiter les ruines de son Ksar, qui rappellent sa splendeur passée. Elle fut au XVI° siècle le point de départ d’Ahmed El Mansour, lancé avec ses guerriers, se dromadaires et toute sa tribu à la conquête de Tombouctou. Mais son implantation est beaucoup plus ancienne, et remonte sans doute au temps où le Sahara n’était pas encore un désert. En effet, à proximité de M’Hamid se trouve une des plus anciennes nécropoles proto-historiques d’Afrique du Nord, Foum-Rjani. Accessible seulement par la pistes, ses milliers de sépultures, sous tumuli, valent le détour.

Les guides touristiques le disent pudiquement, « il y a peu de distractions à M’hamid ». Très clairement, il n’y a rien à faire, sauf errer un peu dans ces presque-rues, et profiter de ce rien, cette ambiance « Café de la Plage » de Franck, de cette ambiance de western-spaghetti après le clap de fin.

De M’hamid, on peut atteindre les dunes de Chigaga. Parmi les plus belles dunes sahariennes du Maroc, parmi les plu sauvages. Et beaucoup moins fréquentées que celles de Merzouga. Mais il y a une bonne raison pour cela…. on ne peut les atteindre qu’en 4*4, après une demi-heure à trois quart d’heure de trajet.
Si vous n’avez pas de 4*4 abandonnez l’idée de faire un transfert à partir de M’hamid, les prix sont exorbitants (pour continuer l’allégorie avec le Far West, le louer de 4*4 à M’hamid, c’est un peu comme le dernier vendeur de pioche lors de la ruée sur l’or).
Il y a aussi quelques dunes avant d’arriver à M’hamid, mais, malgré leur taille relativement haute, les dunes de Tinfou restent un monticule isolé dans une plaine aride et caillouteuse.

M’hamid est un monde à part au Maroc, et les gens de M’hamid sont connus pour leur indépendance. Population d’origine arabe en pleine terre berbère, ils sont dit-on assez superficiellement islamisé, et bien récemment soumis au pouvoir central. La plupart des « hommes bleus » qu’on y croise sont les acteurs d’un village Potemkine monté pour les touristes. On vient à M’hamid pour y travailler, pour y faire de l’argent, bénéficier des franchises fiscales, et on retourne ensuite vivre en famille à Zagora. Mais en prenant le temps d’aller au-delà des apparences et des rencontres orchestrées d’un tourisme facile, on retrouvera dans les yeux ardents des enfants des rues adjacentes, dans les voiles sombres des femmes Aït Atta et ceux colorés des Saharaouies, les fantômes des anciennes caravanes.

 

Nos circuits passant par M'hamid :