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Un désert noir,
caillouteux, inquiétant parfois, une étendue minérale
où une rare végétation très clairsemée
arrive à survivre en tendant ses longues racines vers les
dernières traces souterraines de l’Oued Guir. La fin
en pente douce des montagnes de l’Anti-Atlas, qui va peu à
peu s’ensabler et se perdre dans l’immense Sahara, c’est
notre désert, aux portes de Tazzarine, la Hamada du Guir,
qui va ensuite traverser la frontière algérienne et
s’arrêter au bord du Grand Erg Occidental, à
l’Est, à Beni-Abbès.
Autrefois fertile, sans doute même
marécageuse (on y trouve denombreux fossiles, dont des
sauriens, et un des plus vieux dinosaures du monde), la Hamada
était peuplée depuis les temps proto-historiques,
comme le prouvent les tumuli pré-islamiques d’Hassi
Beraber. On y trouve aussi des marbres, et près de Mezgarne,
une carrière est encore en exploitation.
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| Parcourir cette grande étendue
plate, bordée de falaises abruptes, au pas balancé d’un
dromadaire, doux et comme flottant sur le sable, plus saccadé
sur les pierres, en n’ayant comme unique protection contre le
soleil que son chèche, c’est commencer le voyage des
nomades. La chaleur de la Hamada peut tuer, en quelques heures, un
à deux jours au plus, si on l’affronte en plein été,
sans eau. La réverbération du soleil sur les pierres
noires créé une lumière très particulière,
peut être la concrétisation de cette « obscure
clarté », et les feuilles sombres des quelques épineux
se fondent dans le paysage. |
| Elle est encore parcourue par des nomades,
qui vivent de l’élevage de maigres troupeaux, allant
d’oasis en oasis, marchant la nuit, au clair de lune, pour éviter
la chaleur. Traverser le désert au clair de lune est une expérience
incomparable. L’absence totale de pollution permet de voir une
Voie Lactée dense comme on ne pourrait l’imaginer, dont
la clarté se joint à celle de l’Ayour (la lune
en berbère) et on pourrait presque dire qu’on y voit
comme en plein jour, si ce n’était l’absence de
couleurs…. Isabelle Eberhardt,
la Saharienne, le disait « O Sahara, Sahara menaçant,
cachant ta belle âme sombre en tes solitudes inhospitalières
et mornes ! Oui, j'aime ce pays du sable et de la pierre »
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