| La côte atlantique au
Sud de Casablanca est parsemée de places fortes construites
par les Portugais au XV° et XVI° siècle, dans le
double objectif de lutter contre les Mérinides qui tentaient
de reconquérir le terrain perdu en Andalousie et au Portugal
et surtout de sécuriser leurs routes commerciales.
Ils mettent le pied pour la première fois au Maroc avec Dom
Henrique le Navigateur, qui s’empare de Ceuta. |
| Asilah,
d’origine phénicienne, est une ville importante à
l’époque mauritanienne, qui frappe monnaie. Les Idrissides
y établissent un camp fortifié dès le VIII°
siècle. Elle est mise à feu et à sang par les
assauts répétés des vikings, puis restaurée
et fortifiée par les sultans de Cordoue, et Asilah devient
une ville prospère. Elle est prise par les Portugais en 1471
par une flotte de cinq cent navires, et restera entre leurs mains
jusqu’à sa la bataille des trois rois, le 4 août
1578, sorte de Poitiers du Maghreb, qui arrête définitivement
l’expansion portugaise. Le roi Sébastien I° du Portugal
y perdit la vie, comme les sultans Abd el-Malek et Mouataouakil. Asilah
tombe alors aux mains des Espagnols, jusqu’à sa reconquête
par Moulay Ismaïl en 1691.
Elle connaîtra une seconde célébrité
au début du XX° siècle, le brigand Raisouli qui
sévissait dans la région, avait obtenu en échange
de sa collaboration avec le pouvoir, le caïdat sur la région
de Tanger. Mais il fut bientôt chassé de cette ville,
et partit pour Asilah en 1906. Il tomba finalement au moment de
la première guerre mondiale, où il décida de
s’allier aux allemands contre les espagnols. |
|
| Petite ville andalouse enserrée
dans ses remparts monumentaux, ses maisons anciennes aux boiseries
peintes en bleu et vert et aux moucharabiehs ouvragés font
son charme. Trois portes seulement permettent de pénétrer
dans la médina, la porte de la Mer (Bab el-Bahr) et la porte
de la Terre (Bab Homar), de part et d’autre de la tour carrée,
sont encore décorées d’armoiries portugaises.
On peut aussi visiter le palais Raisouli, et un cimetière
dont les tombes sont décorées de zelliges.
Asilah a une très belle plage,
c’est aussi le centre de nombreuses manifestations culturelles. |
|
| Azemmour
est une ancienne cité almohade située sur l’embouchure
de l’oued Oum-er-Bia. Fondée sur l’emplacement
d’un ancien comptoir phénicien, Azemmour est investie
en 1513 par les Portugais qui y faisaient déjà du commerce.
Ils n’y resteront que 28 ans, avant d’être chassés
par les Sâadiens, mais auront le temps de laisser leur empreinte
sur la médina où les maisons blanches aux bougainvillées
rouges s’étalent entre les terrasses et les oliviers. |
|
Tout
près d’Azemmour, El-Jadida,
où les Phéniciens y arrivèrent les premiers.
Les Portugais l'appelèrent Mazagan, la reconstruisirent et
la fortifièrent, ce qui leur permit de résister deux
siècles et demi, en faisant un de leurs derniers bastions.
Elle était réputée pour être la place
la plus sûre de l’Afrique de l’Ouest. |
|
Au moment de s’enfuir
devant les troupes de Sidi Mohammed ben Abdallah en 1769, les Portugais
minèrent les bastions et brûlèrent la ville,
qui ne sera reconstruite qu’en 1815, sous le nom d’El-Jadida
(la ville nouvelle). Au XIX° un important mellah se développe.
|
Aujourd’hui, El Jadida est une ville touristique pour les
marocains, qui profitent de la très belle plage de Sidi Bouzid.
Quatre des cinq bastions minés ont été reconstruits
après le siège de 1769, le Bastion du Saint Esprit
permet d’accéder au chemin de ronde dont on peut faire
le tour, et domine les restes de l’ancien château fort,
tandis que le bastion de l’Ange offre une belle vue sur la
cité et la porte de la Mer.
A l’intérieur des remparts on voit beaucoup de vieilles
maisons de style portugais, malheureusement assez délabrées,
comme l’ancienne église et l’ancienne synagogue,
désaffectées. Surtout, la citerne portugaise, redécouverte
par le plus grand des hasards en 1916, vaut à elle seule
la visite. Cette immense salle de 1.100 m2 présente de superbes
arcades illuminées par un puit central se reflétant
dans quelques flaques qui rappellent qu’autrefois cet espace
magnifique était destiné à être rempli
d’eau.
Dans nos circuits
photo, il peut être organisé une séance
de prise de vues dans la citerne portugaise. |
|
Nos circuits passant par El Jadida :
|
|
Safi,
appelée aussi Asfi, est mentionnée pour la première
fois au XI° siècle. Les Portugais y établissent
un comptoir pour le commerce triangulaire en 1481, et s’emparent
de la ville en 1508. Ils construisent des remparts, et un fort en
bordure de l’océan, avant d’être chassés
par les Saadiens en 1541. La ville prend de plus en plus d’importance
pour devenir le premier port du Maroc (pêche à la sardine
et transports de phosphates).
Dar el-Bahr (le château de la Mer) est encore équipé
de ses anciens canons du XVII°. Il était la résidence
des gouverneurs et des sultans. Il faut visiter la rue du Souk,
qui traverse la médina de part en part, occupée par
les artisans et échoppes (Safi est connue pour ses poteries,
aux délicats décors polychromes). Au sud, la chapelle
portugaise, à l’est les remparts de la Kelcha, l’ancienne
forteresse des Portugais, avec une porte monumentale. Les ateliers
des potiers sont traditionnellement installés à l’extérieur
de la ville, car c’est une activité polluante et génératrice
de risques d’incendie.
|
|
Enfin, c’est de Safi que
partit en 1920 Thor Heyerdahl sur un radeau de papyrus et de bambous,
le Râ, qui mit 57 jours pour rallier les Antilles, prouvant
que les Africains pouvaient avoir débarqué en Amérique
il y a plus de 4500 ans.
Au nord de la ville, une corniche
avec une vue panoramique splendide sur la ville et le port, où
un petit café bien agréable s’est installé.
A 33 kms au sud, Souira Kadima
(l’ancienne enceinte) avec les restes d’un Ribat (monastère
fortifié) portugais. Une dizaine de kilomètres plus
loin, après l’oued Tensift, les ruines de la kasbah
Hamidouch, derrière une enceinte fortifiée construite
par Moulay Ismaïl.
On arrive en pays Chiadma, où se trouvent les berbères
Regraga, à l’origine de l’arrivée de l’Islam
au Maroc, selon la légende. Leur moussem célèbre
les sept frères qui allèrent à la Mecque pour
rencontrer le Prophète et revinrent convertis à la
nouvelle religion.
|
|
Essaouira,
l’ancienne Mogador, est la plus célèbre et la
plus visitée des cités portugaises.
La ville est construite sur une presque
île balayée par les alizés en permanence, ce
qui en fait un asile de fraîcheur durant l’été
marocain, et le paradis des surfeurs.
Comme les autres cités portugaises, elle fut d’abord
un comptoir phénicien, dont la présence est attestée
dès 630 avant JC.
Elle devient célèbre grâce à la fabrication
de la pourpre, recherchée par l’Empire Romain, et se
développe comme un port berbère, sous le nom d’Amogdoul
(le bien gardé) où transitaient les marchandises du
Souss et de tout le sud marocain.
Les Portugais l’utilisent comme
base commerciale, et déforment son nom en Mogdoura, qui deviendra
en espagnol Mogadour, et enfin Mogador en français. Ils construisent
en 1506 un château royal à l’entrée du
port, et développent l’exploitation intensive de la
canne à sucre.
Pourtant le monument essentiel d’Essaouira, la Skala, est
construite par un français. En effet, en 1764, le sultan
alaouite qui voulait punir Agadir de sa fronde, charge de cette
construction Théodore Cornut, un prisonnier qui construira
une ville en carré, aux larges rues, derrières dès
fortifications à la Vauban. Essaouira évoque souvent
St Malo, c’est une ville nouvelle du XVII° (Comme en France
Rochefort bâti de la mêm façon pour punir La
Rochelle).
|
|
| |
La ville prend alors son nom d’Essaouira
(l’image), ou Es-Souira, le lieu fortifié), tous deux
faisant référence aux plans de Cornut. Le sultan assura
le développement de sa nouvelle ville en demandant aux consuls
européens de s’y installer, comme aux plus riches familles
du royaume, les tujjar-el-sultan, les négociants du roi.
Elle devint une ville cosmopolite où se côtoyaient
arabophones, berbérophones et Gnaouas, les descendants des
anciens esclaves noirs (les Guinéens).
A la fin du XVIII° on y trouvait près d’un millier
d’Européens, pour le commerce, et la ville assurait
40% des échanges maritimes. Sous le protectorat, elle déclinera
face à la concurrence de Casablanca et Agadir.
Elle renaît aujourd’hui
comme destination touristique et culturelles. Ses remparts offrent
de splendides promenades, et son port plein de vie un spectacle
exubérant. Lorsque les gros chalutiers rentrent, une armada
de dockers en décharge les paniers de poissons, qui sont
vidés sur des plateaux et recouverts de glace. Des porteurs
en ciré et couvre-chef rembourré transportent ensuite
ces plateaux tout dégoulinants sur leur tête jusqu'aux
camions. Pendant ce temps, les équipages préparent
les bateaux et les filets pour la sortie suivante. Il n'y a jamais
de répit. Sur place, marins, dockers et touristes se restaurent
de savoureux poissons et fruits de mer grillés en plein air.
|
La Skala vit le tournage de l’Othello d’Orson Welles
et attire encore peintres et photographes. La médina et le
mellah sont pittoresques, et les échoppes des nombreux artisans
arrêtent longtemps les touristes. Essaouira est connue pour
ses marqueteurs, qui travaillent notamment le thuya, le citronnier
et le bois de rose, et pour ses orfèvres en argent, héritiers
de la tradition juive.
A 20 kms d’Essaouira, par une route bordée d’arganiers,
on atteint Sidi Kaouki, autre spot de surfeurs, qui fut célèbre
dans les années 60 car Jimi Hendrix y séjourna. Son
marabout directement face à la mer est délabré,
mais très séduisant.
|
|
On peut aussi relier en une demi-heure de bateaux
les îles purpuraires, qui abritent une réserve ornithologique,
et l’île de Mogador où se trouvent les restes
d’une grande prison, et où Juba II, roi de Maurétanie
Tingitane, avait installé une fabrique de pourpre.
Il y a depuis peu des dessertes aériennes
directes sur Essaouira à partir de la France
|
|
|
Nos circuits passant par Essaouira :
|
|
Agadir
tire son nom d’un mot berbère signifiant village
ou grenier fortifié. Au départ village de pêcheurs
berbères, fortifié, et utilisé par la tribu des
Ksimas. Dans ce « Porto Meseguinam », les marins portugais
se livrent alors à la piraterie et à la contrebande.
En 1505, João Lopes de Sequeira construit un fortin au pied
de la colline, pour interdire l’accès à la rade,
et en 1513 le roi Manuel I° officialise cette prise de pouvoir
en rachetant le fort, et en installant une garnison. Agadir s’appelle
alors Santa Cruz de Cabo de Aguer (du Cap du Gué), et sécurise
les routes terrestres et maritimes du trafic de l’or et des
esclaves (Soudan, Guinée…)
Mais les tribus de la régions s’unissent, sous l’autorité
des Saâdiens, et, le 12 mars 1541, après six mois de
siège, les portugais capitulent et abandonnent Agadir.
La région passera en dissidence à
l’arrivée des Alaouites qui, en représailles,
une fois leur autorité restaurée, fermeront Agadir.
La ville renaîtra à l’entrée des Français,
en 1913. La station touristique la plus fréquentée
du Maroc compte alors moins de 7.000 habitants !
Avec l’Aéropostale, et surtout avec la pêche
(Agadir dispute à Safi le titre de premier port sardinier
du monde), la ville prend son essort, brutalement arrêté
le 29 février 1960 avec un tremblement de terre meurtrier
(plus de quinze mille morts) et destructeur. Agadir a été
presque entièrement détruite, et reconstruite à
neuf, à partir de 1962, sur un terrain sismiquement sûr.
C’est aujourd’hui une station balnéaire moderne,
internationale, où les enseignes allemandes, anglais et même
russes se mêlent aux panneaux en français et en arabe,
animée, qui se différencie peu de celles qu’on
pourrait trouver partout en France ou en Espagne. Il ne reste rien
des constructions portugaises, et seulement quelques fortifications
de l’ancien agadir berbère. |
| |
| Mais ses 300 jours d’ensoleillement annuel exercent
un attrait incontestable, comme ses 10kms de plage de sable fin et
doré. De nombreuses activités sont possibles, en plus
du bronzage, on peut y bronzer, faire une promenade en dromadaire,
de la planche à voile, accompagner des pêcheurs…
Et le soir, la multitude de restaurants, cafés et discothèques
accueillent les nombreux touristes. |
Nos circuits passant par Agadir :
|
|
|