| Respect
et Islam |
|
|
Le Maroc est traditionnellement un pays de tolérance
religieuse. Lorsque les Arabes ont quitté l'Andalousie
en 1492 pour venir s'établir au Maroc, ils ont emmenés
avec eux leur cour, et leurs hommes d'états, musulmans,
mais aussi juifs et même chrétiens. Dans beaucoup
de villes, on trouve un quartier juif, ou des églises
catholiques. Les marocains pratiquent un islam modéré,
et surtout acceptent les étrangers, sans chercher à
les convertir, à la seule condition d'être respectés
en retour dans leurs croyances et dans leurs coutumes.
Le rythme de vie est légèrement
différent. A la différence d'autres pays musulmans,
tout ne s'arrête pas le vendredi, le Maroc ayant gardé
la fin de semaine européenne, mais les horaires sont
aménagés pour permettre longue prière du
vendredi. Certains monuments, les banques, les services publics,
ferment plus tôt que d'habitude, et les commerces peuvent
aussi fermer pour rouvrir plus tard. Vous verrez surement un
jour un serveur s'isoler quelques minutes à l'heure de
la prière, puis revenir. Mais le travail est aussi considéré
comme une prière, et on continue de s'occuper des touristes.
Il en est tout autrement pendant le mois de Ramadan,
scrupuleusement suivi par toute la population. Tout musulman
doit jeuner du lever au coucher du soleil, et ce jeûne
inclus de ne pas boire, ni fumer. (Il ne s'applique pas aux
jeunes enfants, ni aux malades). Cela modifie profondément
le rythme de vie, toute activité s'arrête environ
un quart d'heure avant le coucher du soleil, pour reprendre
une heure après la rupture du jeune. Les horaires de
travail sont amménagés, réduits. En même
temps, les marocains se couchent beaucoup plus tard que d'habitude,
pour faire un deuxième vrai repas avant de dormir. Ils
se lèveront une heure avant le lever du soleil, pour
un petit déjeuner. Autant dire qu'une sieste dans la
journée sera bienvenue.
L'ambiance de Ramadan est très particulière, dans
la journée à la fois ralentie et électrisée,
le soir très festive.
Ramadan est aussi un mois de la générosité,
où personne ne doit avoir faim, les pauvres sont nourris,
et vous serez sûrement invités à partager
la rupture du jeûne avec votre guide.
Selon les régions où vous irez il vous sera plus
ou moins facile de trouver à manger dans la journée.
Dans les petites villes du Sud, vous pourrez trouver seulement
un café où l'on vous servira gentiment la seule
chose disponible, une omelette, tout en vous abandonnant bien
vite à votre solitude pour ne pas être tenté
!
A vous de savoir si vous voulez expérimenter les bons
et les mauvais côtés de ce mois si particulier.
En 2006, Ramadan devrait débuter le 24 septembre. (Vor
le calendrier musulman)
Les mosquées sont
interdites aux non-musulmans, depuis l'époque de la colonisation
française. En effet, les Français ont établi
leur protectorat au Maroc suite à un incident où
des marocains avaient tués des ouvriers européens
qui traversaient un cimetière musulman. Lyautey a interdit
l'entrée des lieux de cultes aux non-musulmans pour éviter
d'autres problèmes. Mosquées, marabouts et zaouïas
vous sont donc fermés, mais vous pourrez jeter un coup
d'oeil par la porte. Seule la Mosquée Hassan II se visite,
le matin et exclusivement en groupes guidés. (Ainsi que
le mausolée oulay Ismaïl, car le même Lyautey
refusa un jour d'être laissé à la porte
pendant que les notables marocains entraient prier). Des "pourboires"
peuvent aussi vous ouvrir certaines portes.
Quelques règles de comportement
simples, pour ne pas choquer ou embarrasser les gens.
- Vous remarquerez que dans la rue, les couples
de ne touchent pas. Pour un homme et une femme, s'embrasser
en public est un délit, même lorsque l'on est
marié. En revanche, souvent, des amis du même
sexe peuvent se tenir étroitement par la main, s'embrasser.
Ce serait erroné d'y voir un signe d'homosexualité
!
- La main gauche est taboue, puisque c'est
celle qu'on utilise pour nettoyer ses parties intimes. Donc
on ne l'utilise pas pour manger, donner quelque chose, ou
caresser un enfant.
- Ne soyez pas le premier à partir
dans une discussion politique. Et si votre interlocuteur Marocain
vous y invite, n'oubliez pas que le Roi est très respecté
et aimé. C'est un chef religieux autant que politique.
De même, on parle de feu Hassan II et de feu Mohammed
V avec beaucoup de respect. Des sujets comme le Sahara espagnol
sont très sensibles, voire tabous.
- Il est fréquent de parler religion.
Pas "discuter", mais "parler de". Il est
difficile pour un musulman de concevoir une vie sans croyance
religieuse, ni la notion de laïcité à l'européenne.
Si vous êtes membre d'une religion du Livre, on vous
demandera peut être pourquoi vous ne vous convertiriez
pas à l'Islam, désignée dans le Coran
comme la plus achevée et la dernière des religions
qu'Allah donnera aux hommes.
- Si vous êtes une femme, on vous demandera
très rapidement si vous êtes mariée. Ce
n'est pas impoli, le mariage reste encore un des objectifs
essentiels de la femme marocaine, et la
vie en célibataire après la trentaine est difficile.
Et si vous êtes seule et célibataire, on vous
demandera sans doute souvent en mariage. Une bague ressemblant
à une alliance, et la photo de neveux ou nièces
peuvent couper court à bien des discussions...
- La nourriture, et plus particulièrement
le pain sont sacrés. On ne les jette jamais, on va
toujours trouver quelqu'un de plus pauvre à qui les
donner.
|
|
| Hospitalité |
|
|
L'hospitalité marocaine est légendaire, et si
vous voyagez en dehors de groupes, vous serez sans doute invité
dans une famille marocaine. C'est un honneur de vous recevoir,
ce qui veut dire, a contrario, qu'en refusant, vous pouvez blesser
la personne qui vous a invité. A vous de trouver une
très bonne raison. Mais ne refusez pas, ce serait dommage
de laisser passer cette occasion ... L'invitation peut venir
très rapidement, après une conversation, de la
part d'un guide, chauffeur de taxi, commerçant. N'ayez
pas de craintes, elle est sincère.
Quand vous entrez dans une boutique où le commerçant
boit un thé, si vous croisez des gens que vous connaissez
en train de manger, on vous invitera à partager. Ne refusez
pas, prenez-en "juste un chouïa". Pour un Marocain,
c'est Dieu qui a mis cette nourriture sur votre route. En la
refusant, vous vous placez plus haut que Dieu. Mais il est parfaitement
possible de n'y tremper que les lèvres, si vous n'avez
pas envie de plus.
Vous êtes invités dans une maison ? Comme partout,
on ne vient pas les mains vides. Des fleurs, mais plus souvent
de la viande (à préparer en brochettes par la
maîtresse de maison, aussitôt), des pâtisseries,
ou des cadeaux pour les enfants. Surtout si vous allez dans
une famille modeste, pensez utile.
En arrivant, vous serez introduits dans le grand salon marocain,
fait de sofas qui courent le long du mur, et de petites tables
que l'on bouge dans la pièce. Déchaussez-vous
avant de marcher sur le tapis ! Peut-être qu'on proposera
aux femmes d'aller rejoindre les femmes de la maison, qui souvent
mangent dans une pièce différente. Mais en tant
qu'européenne, vous n'êtes pas obligée de
rester avec elles, et vous pouvez très bien rejoindre
le salon des hommes. En revanche, sauf si votre hôte vous
le propose expressément, il serait malvenu que les hommes
vous suivent.
On vous offrira tout de suite un verre de thé, plusieurs
verres de thé, avec des cacahouètes ou des fruits
secs. Méfiez-vous, le repas va être copieux ! Puis
viendra le moment des ablutions avant le repas (n'oubliez pas
qu'on mange avec la main dans le plat commun), soit dans un
lavabo, soit plus agréable, dans un récipient
posé devant vous pendant qu'on vous arrose les mains
avec de l'eau chaude. Les mêmes ustensiles repasseront
en fin de repas, pour vous laver les mains et la bouche si vous
le souhaitez.
Le repas sera abondant, et vos hôtes vous inciteront
à en profiter le plus possible. Il commence par une invocation
à la grâce de Dieu, "Bismillah" Quand
vous serez tout à fait rassasié, vous pourrez
dire avec un grand sourire "safi" ou "baraka"
qui veut dire "ça va, ça suffit", sans
oublier d'ajouter "Hamdullilah" (Grâce à
Dieu). Mais cela sera fort tard dans la nuit.
Selon les moyens de vos hôtes, que cela soit dans un
ryad, dans une ferme ou sous la tente, on partagera volontiers
avec vous tout ce que l'on a, et même ce que l'on n'a
pas. Mais il faut comprendre que cela entre aussi dans un système
d'échanges à long terme, normal dans la société
marocaine ("Je fais cela pour lui, car il le fera pour
moi, plus tard, quand j'en aurai besoin"). En tant qu'Occidental,
vous êtes un peu en dehors de ce système. On vous
demandera souvent votre adresse, votre numéro de téléphone,
et si vous les donnez, il est bien compris que l'on pourra ensuite
s'en servir, si on vient en Europe... ou les donner à
un ami qui vient.
Attention à vos promesses : un oui vous engage. Un Inch'Allah
est un "ni oui ni non" gentil, et compris comme tel.
|
|
| Marchandage |
|
|
Comment acheter sans marchander au Maroc ? C'est quasiment
impossible. Les Marocains discutent les prix, pas obligatoirement
interminablement, mas au moins une fois, demandent un rabais,
trouvent une bonne raison pour payer un peu moins. C'est normal,
aussi normal que chez nous ne pas discuter un prix affiché.
Il est vrai que beaucoup de touristes ne sont pas à
l'aise dans ce jeu. Plus que de marchander âprement, diviser
par deux le prix offert, remonter, etc... c'est une affaire
de temps et de discussion. Prendre le temps de parler avec le
marchand, apprécier sa marchandise, sans se montrer trop
intéressé, comparer avec ce que l'on a vu ailleurs.
Montrer que l'on connait un peu les prix. Ne pas se dire que
c'est vraiment bon marché par rapport à l'Europe...
Le jeu commence quand vous demandez combien cela coûte.
"Un bon prix, pour toi"... et il va tout faire pour
que vous lui disiez combien vous êtes prêt à
payer pour la pièce.
La visite des souks peut être éprouvante, chacun
essayant de vous attirer dans sa boutique, et de ne plus vous
laissez repartir avant que vous ayez acheté quelque chose.
"Plaisir des yeux..." et bagout commercial. A vous
de savoir le temps que vous souhaitez y passer, et vraiment
apprécier ce moment.
Si vous souhaitez acheter sans marchander, c'est possible,
dans les coopératives artisanales, et des magasins qui
affichent "prix fixes". Vous ne ferez là généralement
pas de mauvaises affaires, mais vous n'y trouverez pas non plus
l'occasion du siècle.
Si vous voulez acheter dans le souk, éloignez vous un
peu à l'intérieur, sortez des premières
allées "attrape touristes". Vous y trouverez
des boutiques aussi bien achalandées, et moins submergées
de clients occidentaux. Avec un peu de chance, vous irez jusqu'aux
boutiques des grossistes, qui vendent aussi à la pièce.
Et si votre guide vous propose de vous emmener quelque part,
il touchera surement sa commission de la boutique si vous achetez.
A vous de lui faire comprendre qu'il gagnera plus avec un bon
pourboire, si vous êtes satisfaits de votre journée
qu'avec cette commission. Il vous défendra fermement,
alors!
|
|
| |
 |
|