Une bonne recette de tajine d’agneau

Une excellente recette, trouvée sur le blog Papilles et Pupilles, que je lis régulièrement, avec gourmandise :
un tajine d’agneau aux abricots (moelleux, les abricots).
Je vous laisse la découvrir sur place, elle est simple à faire, et délicieuse.

Juste deux petites choses, peut être : à la place du curcuma, il vaut mieux utiliser du safran (Nos conseils pour l’utilisation du safran en cuisine), et comme accompagnement, je verrais bien, traditionnellement, des petites pommes de terres, des rates du Touquet par exemple.

Mais ça c’est mon côté gourmande chipoteuse…

Sijilmassa, les fantômes d’une splendeur austère.

Sijilmassa fut une des premières villes impériales du Maroc.

Fondée en 757, à l’époque du règne de Pépin le Bref, c’est la plus ancienne des villes du sud, au delà de cette zone occupée par les Phéniciens puis les Romains, et qui s’arrêtait à peu près au niveau de Meknès
Comme la plupart des grandes villes du sud, elle fut fondée comme la capitale d’un mouvement à la fois religieux et politiques, les kharijites.
Pour faire simple, les kharijites étaient des ascètes, des puritains, dont le courant était né à l’époque de l’éclatement entre chiites et sunnites. Ils refusaient tout luxe, leurs dirigeants devaient être choisis pour leurs vertus, et se soumettre au même ascétisme. Ils étaient à la fois contre les chiites qui voulaient choisir les dirigeants de l’Islam uniquement dans la famille du Prophète, et contre les sunnites, qu’ils trouvaient bien trop corrompus.

En Afrique du Nord, l’ascétisme kharijite correspondait aux structures “démocratiques” des berbères, et se teinta très fortement d’une résistance aux Arabes.
Tout le pays berbère fut pendant très longtemps marqué par l’exigence de vertu et de simplicité de ce mouvement, qu’on peut rapprocher des cathares, et les fondements du kharijisme se retrouvèrent ensuite dans beaucoup de mouvements, jusqu’à leur disparition quasi totale. Partis de Kairouan (d’où 2.000 familles s’enfuirent pour venir à Fès et fondèrent notamment la mosquée Quaraouyine), les kharijites fondèrent plusieurs grands centres religieux, dont Sijilmassa.

Sijilmassa était donc un centre spirituel, mais surtout un centre commercial.

Point de passage des grandes caravanes sahariennes, elle voyait le commerce de l’or, de l’ivoire, du sel avec les azalaï, des esclaves, des produits du Maroc comme le cuir filali. Et, grâce à l’oued Ziz, elle était au centre de l’immense palmeraie du Ziz et de sa richesse agricole.

De cette richesse reste l’habitude, rare, pour les femmes de la région, de porter des bijoux d’or.

Avec le commerce venait le cosmopolitisme, les influences diverses, et aussi la puissance économique. Son pouvoir était tel qu’elle battait sa propre monnaie qu’on retrouvera très loin, de l’autre côté de la Méditerranée, jusqu’en Jordanie. Read More »

Les jardins de Ouarzazate

Ouarzazate est une des portes du désert. Quand la légion étrangère, Sternberg et Dimitri sont arrivés, il n’y avait qu’une toute petite medina adossée à la kasbah de Taourirt, et pas beaucoup de place pour de la verdure, dans ces petites ruelles étroites conçues pour se protéger de la chaleur et des vents d’hiver.

Mais dans la kasbah elle même il devait déjà y avoir des petits jardins, ces cours intérieures avec des parterres fleuris qui rappellent les quatre parties du monde, et au centre, une fontaine, comme on les trouve dans tous les palais et les riads marocains, de Tanger à Zagora

La palmeraie est le premier des jardins de Ouarzazate

Visible au sud de la ville, sur la commune rurale de Tabount, la palmeraie est, comme dans toutes les oasis, agrémentée de petits jardins, où l’on cultive, au pieds des palmiers, du blé, de la luzerne, des fruitiers. Les hérons s’y promènent, et en bordure, on y trouve aussi de grands roseaux, utilisés pour la vannerie.

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Il n’y a pas d’hommes bleus au Maroc.

C’est la dernière mode, aller rencontrer les hommes bleus à Merzouga ou M’hamid.

Hélas, c’est comme si on vous montrait des gardiens de la Tour de Londres au pied de la Tour Eiffel, sous prétexte que les deux pays sont en Europe.

Un “homme bleu”, c’est un Touareg. C’est un nomade berbère, certes, mais de l’autre coté du Sahara, dont la zone de nomadisme recouvre une partie du Mali, du Niger et de la Mauritanie, mais qui n’est jamais, jamais arrivé au Maroc.
Un homme bleu l’est parce qu’il porte des voiles teintés d’indigo, dont le bleu sombre, presque noir, déteint peu à peu sur sa peau, et la colore en bleu.

Ca, ce n’est pas un homme bleu. C’est un berbère marocain qui porte une djellabah et un chêche bleu clair. Et qui parle le dialecte tamazight ou tachelhit, une des cinq variantes de la langue berbère pratiquées au Maroc, et qui est par contre incapable de comprendre le tamasheq, le berbère des Touaregs, aussi éloigné des dialectes marocains que le sicilien des rues peut l’être du wallon.

Les tribus nomades qui ont peuplé le Maroc sont venues peu à peu de l’est, de l’Egypte, en fait, dans un lent mouvement migratoire qui a commencé à la chute de l’empire romain.
Les tribus autour de Merzouga sont berbères, des Aït Khabache, qui n’ont jamais été Touaregs. Les tribus au sud de M’hamid sont arabes, des Hassani, qui se sont fixés là à l’époque où les sultans du Maroc les utilisaient pour casser la puissance des berbères, et notamment des Aït Atta.

Bref, sachez que si on vous propose les “hommes bleus”, on vous propose quelque chose de faux, de monté de toutes pièces, juste parce que cela fait un peu rêver.

Lieux de mémoires marocains : les dromadaires de Rabat

Soyons un peu intellos pour une fois :)

Un historien français, Simon Nora, avait écrit un excellent pavé sur les Les Lieux de mémoire de l’histoire française, où comment des événements, des lieux, des personnages, prennent peu à peu leur place dans une mythologie historique, s’éloignant parfois de la réalité factuelle, pour devenir des symboles, que tout le monde identifie pour ce qu’ils ont été crées, et pas ce qu’ils sont.

Un palestinien chrétien professeur à l’Université de Columbia, Edouard Saïd, a quant à lui écrit un livre sur ce qu’on pourrait aussi qualifier de lieux de mémoire, d’une certaine façon. L’orientalisme : L’Orient créé par l’Occident, où comment c’est notre vision de l’Orient qui a créé une entité qui n’existait pas. Livre fondateur des études post-coloniales, il y a beaucoup de vrai, même si aujourd’hui certains vont plus loin, où rappellent que l’Orient si divers inclus aussi quelques pays qui ne furent jamais colonisés.

Et ma copine Fatima, qui souffre de ma façon de conduire à Saint-Lazare, et lit Edouard Saïd dans le métro, s’étonne qu’on lui demande, à elle qui est de là-bas, si les roses des sables viennent bien du pipi des dromadaires. Parce qu’elle est “de là bas”, certes, mais de Rabatqui est tout sauf près du désert, et qu’elle n’a jamais vu un dromadaire faire pipi sur le sable de sa vie.

Ça tombe bien, il y a quelques jours, on parlait justement sur un forum de voyages de la possibilité de faire du dromadaire à Rabat.
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Manger du poisson à Casablanca : sur la corniche

Dans le quartier d’Aïn Daib, El Ankh et de la corniche, les restaurants de poisson et les buvettes avec vue sur la mer se font suite.

Mon préféré (qui, lui, ne m’a jamais déçue) est déjà un peu éloigné du centre, et il vaut vraiment le détour.
Nous l’avions trouvé par hasard, un soir de novembre 2005 où il pleuvait à verse, et où on pouvait se garer juste devant l’entrée… comme quoi, les découvertes tiennent à peu de choses !

Aux Crevettes, 22 bd de Biarritz, à Casablanca

Ce restaurant a un rez de chaussée qui est un simple casse-croute, on peut y grignoter rapidement, pour pas cher.
Ensuite, une salle à l’étage, avec une terrasse, et encore au dessus, une terrasse panoramique.
De partout on voit la mer, à un endroit où le remblai est dégagé, sans “club de sport” où autre McDo pour boucher la vue sur les grandes vagues.

Bien sûr, le restaurant a beaucoup de poisson à la carte, on y trouve aussi des plats de viande, avec une cuisson bien dosée (ce qui n’est pas toujours facile à trouver au Maroc, quand on aime la viande rosée ou saignante, comme moi).

Une carte des vins sympathique, avec un bon choix à prix modérés de vins locaux. Un service très rapide, des tables pas collées les unes sur les autres…

A la carte, on mange pour environ 200 dirhams par personne, boissons en supplément.

Et on peut même réserver par mail !

Adresse du restaurant :
22 boulevard de Biarritz
Aïn Diab
Casablanca
Téléphone : +212 (0)22.70.78.85 ou +212 (0)61.13.25.05
Mail auxcrevettes (at) menara.ma (enlevez les espaces et remplacez le (at) par @ )

Restaurants de poisson à Casablanca

El hout, (c’est de la darija, en arabe classique on dit samakh), est une de mes gourmandises à Casa et sur toute la côte. Restaurants chic ou petites friteries, du moment que le poisson est frais et abondant, je suis contente.

Aujourd’hui, j’ai eu le pire et le meilleur.

Le pire, la Taverne du Dauphin, avenue Houphouët Boigny

Recommandée par le Routard et le Lonely Planet, cette brasserie était un de nos passages habituels. Une carte variée, des assiettes généreusement remplies, un service rapide et plutôt gentil.
Hélas, en six mois, tout a changé. L’effet de la crise ? D’un nouveau gérant qui compte sur les guides pour lui apporter de la clientèle quoi qu’il arrive ? Read More »

Choses vues à Casablanca

La rénovation de l’aéroport Mohammed V, des perturbations pour les correspondances internes

Un nouveau terminal est en construction. Il accueille déjà les lignes internationales, en revanche les départs pour l’intérieur du pays se font encore dans le vieux terminal.
Autant le nouveau est tout aménagé, avec boutiques, cafés, belles lumières…. autant l’ancien est entièrement délaissé. L’ONDA a eu l’excellente idée de fermer toutes les boutiques, le petit restaurant qu’il y avait à l’étage, bref il reste un zeste de petite buvette avec quatre ou cinq tables, des chaises de café en métal, et aucune séparation entre fumeurs et non fumeurs.
Le rêve quand il y a une correspondance de six heures pour Ouarzazate, celle qui atterrit à 23h50… quand il n’y a pas de retard.
Trois solutions possibles :

  • Quitter l’aéroport et aller à Casa, relativement facile avec le train qui se trouve dans l’aérogare, départ toutes les demi-heures, environ un quart d’heure pour arriver au centre (Casa Voyageurs). Mais pas très pratique si par hasard on a des bagages à main un peu lourds (car il n’y a bien sûr aucune consigne).
  • Disposer d’un billet business. On a dans ce cas le droit d’utiliser le salon V.I.P. de la RAM, le seul espace accueillant encore des voyageurs dans l’ancien terminal.
  • Passer la douane au nouveau terminal, et rester dans l’espace arrivée, avec les buvettes.

Ou alors, tout simplement éviter les correspondances à Casablanca.
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Petit rappel des règles sur ce blog.

La Gazette du Chergui s’adresse aux amoureux du Maroc. Ce n’est pas un blog polémique, et nous n’essayons pas de faire notre audience avec des sujets “brûlants”.
Donc tout message inutilement polémique, politique, ou injurieux, sera modéré.
Cela inclus ce qui est visible pour tous les lecteurs, mais aussi les adresses mails ou de sites webs qui relèvent de la blague de lycéen boutonneux, ou d’attardé mental.

L’Espace Mozart à Casablanca

Ce grand café du Mâarif est sans doute un de mes bureaux mobiles préférés.

Depuis quelques temps, j’ai remarqué que les patrons de café font un peu la tête quand je demande à pouvoir brancher mon ordinateur portable sur une prise, la batterie défaillante ne permettant pas d’alimenter le disque dur externe et la bête elle même plus d’un quart d’heure.

Ici c’est tout le contraire, le patron m’a même accompagnée à ma table. Et petite délicatesse supplémentaire, au lieu du verre d’eau avec mon café, j’ai droit gracieusement à une petite bouteille d’eau minérale, plus douce à mon estomac d’européenne.

La salle est très grande, la terrasse ombragée et agréable, les prix petits et les jus d’orange pressés délicieux.

Que demander de plus ?

Peut être l’adresse ?

Espace Mozart
10 rue Bir Anzarane
Mâarif